fredzeller

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Les tableaux de Zeller disent tout haut ce qu’il a toujours défendu
– la liberté, le droit imprescriptible
à l’humour, la fraternité aussi - et ce qu’il n’a jamais cessé de dénoncer : la tyrannie, le conformisme, les mensonges et les vilenies humaines. L’humour toujours tendre, parfois vache, jamais méchant, est au cœur de cette œuvre qui parle autant de fraternité que de solitude; celle, immense, de l’homme prisonnier de son univers, perdu dans la foule de ses semblables, que les paysages désertiques et inhumains du peintre soulignent si souvent.

Waren Benchétrit

Biographie

1912
Naissance à Paris, le 26 mars 1912, de Frédéric ZELLER dans une famille d’artistes dramatiques. Son père, acteur et imprésario, organise des spectacles classiques en France et à l’étranger.

1922-29
Fait ses humanités gréco-latines au collège Jacques Amyot de Melun. Il est attiré par le dessin et la peinture.

1930
Est reçu au concours d’entrée à l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de la rue d’Ulm. Il y restera jusqu’à son départ au régiment, au côté de Jean Amblard, Boris Talsitsky, Fougeron, André Frossard.

1931
Participe activement aux manifestations du Quartier Latin. Suit les réunions des mouvements de gauche. Après une conférence de Léon Blum aux “Sociétés Savantes”, il adhère à la Fédération des étudiants socialistes. Il y rencontrera Roger Ikor, David Rousset, Léopold Senghor, Georges Pompidou, inconnus à cette époque.

1932
Ses parents habitent alors à Stains, dans la “banlieue rouge”. C’est là qu’il découvrira la misère de la classe ouvrière. Il collabore régulièrement avec ses caricatures, aux journaux et revues humoristiques, dont Marius.

1933
Fait son service militaire au 2ème régiment d’aviation de chasse de Strasbourg et à Tours, ou il sera démobilisé en mars 1934. C’est là qu’il suivra avec inquiétude, après la victoire d’Hitler en Allemagne, les menaces pesant en France sur les institutions républicaines.

1934
Il est élu, au Congrès de Drancy, secrétaire fédéral des Jeunesses socialistes de la Seine et membre du Comité national mixte. Il rencontre fréquemment Léon Blum, Paul Faure, Vincent Auriol, Jules Moch. Il devient rédacteur en chef du journal “Révolution” et entre en lutte ouverte contre les dirigeants de la SFIO, de la social-démocratie allemande, de l’internationale communiste dont il dénonce les capitulations devant le fascisme.

1935
Au Congrès national de Lille ou il représente l’aile gauche de la jeunesse socialiste, après de violentes séances, il est exclu du mouvement avec ses camarades. Il fondera les “J.S.R.”, les “Jeunesses socialistes révolutionnaires” et participera activement à la création de la “gauche révolutionnaire” au côté de Marceau Pivert. Il est alors invité par Léon Trotsky à le rejoindre à Honefoss, en Norvège, ou il vit en résidence surveillée. Il restera prés de lui en novembre et décembre 1935.

1936
Fred Zeller va dénoncer, dans de multiples manifestations, les scandaleux procès de Moscou, les communistes français, Staline et le “stalinisme”, aux côtés d’André Breton, André Gide, David Rousset, Pierre Naville, Jean Rous. Il est en contact permanent avec le groupe surréaliste.

1937
Il collabore comme illustrateur à de nombreuse publications et revues, Marianne, Paris-Midi, Paris-Soir, Marie-Claire, etc…

1938
Il prend position contre les accords de Munich qu’il dénonce comme étant la capitulation devant Hitler et Mussolini. Épouse Berthe Kravetz.

1939
La guerre - Zeller est mobilisé au camp d’Avord dans la Défense aérienne du territoire (DAT). Il fera, pendant cette “drôle de guerre”, de nombreux dessins et caricatures.

1940
Démobilisé, il rejoint à Paris ses camarades. Il est chargé, dans le bassin de Basse Indre, d’organiser les premiers noyaux de résistance. Il fonde, avec Jean Rous, Henri Sellier, Henri barré, Maurice Jacquier, Le MNR, première organisation clandestine de résistance.
Il est admis au Salon des Indépendants.

1941-44
Participe activement à la Résistance et sauve de nombreux militants. Il illustre sous un pseudonyme des livres pour les enfants aux éditions Albin-Michel. Peint “L’univers concentrationnaire”.

1945
Se retire progressivement de l’action militaire pour se consacrer définitivement à la peinture.


1946
Paris-Montparnasse : première exposition d’ensemble : gouaches, aquarelles, illustrations, sculptures. Préface de Jean Rous et Pierre-Aimé Touchard. Peint “La noce devant le photographe” qui sera acheté par le constructeur américain Raymond Loewy, ainsi que “La procession de la Fête-Dieu” qui est au Museum of Fine Art de Boston (USA).

1947
Se retire une année dans la forêt de Sillé-le-Guillaume où il va peindre de nombreux tableaux de paysans et de braconniers dont “Le repas de noces à Saint-Denis-d’Orques” “Le bal de la Sainte-Cécile”, “Les braconniers dans la forêt”, “La centenaire de Nieul-L’Espoir”. Il est alors influencé par Pieter Brueghel et Jérôme Bosch.

1948
Paris - Galerie “Images”. Exposition de gouaches sur les rues de Paris. Préface de Maurice Serullaz. Se retire dans le vieux village féodal d’Eze (entre Nice et Monté-Carlo) qu’il contribuera largement à faire connaître et à protéger. Divorce d’avec Berthe Kraetz.

1949
Monté-Carlo. Sporting. Exposition d’ensemble sous la présidence du Prince Rainier : peintures, gouaches, aquarelles, dessins. Se lie à Francis Blanche et Pierre Dac. Nice. Galerie Muratore. Son tableau “Le repas de noces à Saint-Denis-d’Orques” et l’aquarelle “Un dimanche après-midi à Paris” sont achetés par les grands collectionneurs anglais Henry Padova et H. Cheifetz. Paris. Il est en contact permanent avec André Breton.


1950
Eze-Village. Création, dans le vieux four à pain, du Musée d’histoire locale :
50 peintures retraçant l’histoire du village, des phéniciens à Napoléon. Préface de Paul Parisot. Édition par Les cahiers d’Art et d’Amitié d’un numéro spécial sur les peintures du musée, sous la direction de Raphaël Valensi. Reportage d’André Parinaud. Est fait chevalier des Palmes académiques.

1953
Paris. Création du “Caveau des Légendes de Saint-Germain- des-Prés, dans les anciens souterrains de l’abbaye. Collection de 50 enluminures sur peaux de moutons et de chèvres, retraçant l’histoire de Paris à travers les siècles. Préface d’André Breton “Le sel du temps”. Numéro spécial de “Semaine du Monde”. Est reçu au Grand Orient de France dans la loge “L’Avant-garde maçonnique”.

1955
Montmartre. Galerie de la rue Lepic “Histoire de la chasse à travers les siècles” (collection André Lazorthes). Peint “La Kermesse populaire” (Musée de Montluçon) et “Le repas des moines” (collection Lemercier). Peint “Le bombardement d’Haïphong” et “Fraternité d’armes”.

1958
Fin de la 4ème république. Retour du Général de Gaulle au pouvoir. Peint “Ecce Homo” et “Le crépuscule”. A partir de cette époque, les personnages disparaissent peu à peu de son œuvre. Sa peinture se situe à la frontière du surréalisme et du symbolisme. Expose au musée “Dix années avec Eze-Village” : peintures, gouaches, céramiques.

1959
Monté-Carlo. Galerie Rauch ; “peintures de 1949-1959”. Épouse en secondes noces Odette Lefèvre.

1960
Chateau de Comper (Morbihan). Grand prix “Art et Nature”. Nîmes. Grand prix de la peinture taurine. Nice. Décoration de l’école maternelle modèle Clément Roassal.

1961
Nice. Articles et reproduction des œuvres de Zeller dans “Peintres et sculpteurs de la Côte d’Azur” (Édition Molière).

1962
Église de Saint-Vaast-de-Longmont (Oise) : XIIème siècle. Chemin de croix. Enluminures sur peaux de chèvres.

1963
Bergerac. Grand prix du Festival de Peinture.
Moulins. Musée Anne-de-Beaujeu. Grand prix de peinture du Val-de-Loire avec Médaille de vermeil. Paris. Remise de la Grande Médaille d’honneur de la ville de Paris par le Président Weil-Cureil.

1964
Antony. Conférence devant les étudiants de la résidence universitaire :
“La peinture actuelle témoigne-t-elle
de la décadence de la société ?”. Est élu Président du Congrès des Loges Maçonniques de la région parisienne.

1965
Paris. Galerie Mona-Lisa. Exposition d’ensemble. Préface de Jean Chabanon. Est élu au Conseil de L’Ordre du Grand Orient de France. Dakar. Est invité par le Président Léopold Sédar Senghor au 1er Festival Mondial des Nègres. Préside à la création de la “Fédération des artistes africains”.

1966
Signe une étude dans la revue “Humanisme” : réflexions sur le 1er Festival Mondial des Arts Nègres.

1967
New-York. Galerie internationale : peintures.
Antibes. Bastion Saint-André : 80 peintures.
Paris. Lauréat du prix “Signatures”.
Athènes. Les colonels prennent le pouvoir en Grèce. Peint “Le prisonnier politique de l’île de Makronissos”.

1968
Se range avec le Grand Orient de France aux côtés des étudiants révoltés. Participe activement aux manifestations de la Sorbonne et de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts. Réalise l’affiche ainsi que la lithographie “Mai 68” et la peinture “La révolte”.

1969
Paris. Galerie Entremonde.
Préface de Jacques Sarcelles. Interview par André Parinaud à la télévision.
Strasbourg. Galerie Aktuaryus : peintures, gouaches, dessins.
Zürich. Galerie Kirchgasse : Rétrospective. Visite, à Zürich, la 1ère exposition réalisée depuis la mort de René Magritte qu’il admire. Antibes. Préside le 2ème Congrès national des Arts Plastiques. Prononce le discours “Ce qui demeure”.

1970
Paris. Ligue de l’enseignement. Conférence : “La peinture, langage de l’humanité”. Reproduction en couleurs dans l’édition Larousse : L’Art et le monde moderne”, de René Huyghe et Jean Rudel.
Monté-Carlo. “1960-1970, dix ans d’art graphique” (Éditions Christian Hals). Cent peintres contemporains, dont Fred Zeller.
Nice. Organisée par la direction des Musées, de concert avec la ville,
la rétrospective des œuvres de Fred Zeller de 1945 à 1970.
Lisbonne. Palacio Foz : estampes et lithographies. Paris. Reproduction
et commentaires de René Huyghe sur le tableau “Ecce homo” dans “Formes et forces” (Éditions Flammarion).

1971
Menton. Club “Notre temps” : conférence “L’artiste face aux révolutions de notre temps”.
Paris. Galerie Entremonde : préface d’Armand Lanoux de l’Académie Goncourt.
Nice. Fédération artistique de la Côte d’Azur : conférence “La peinture et le témoignage de l’artiste”.
New Orléans. Galerie Kurt-Shön : peintures en permanence.
Paris. Est élu 29ème grand maître de la plus ancienne des obédiences maçonnique européennes, le Grand Orient de France.

1972
Paris. Étude d’Armand Lanoux dans “Jardin des Arts” : “Fred Zeller ou le retour aux symboles”, avec quatre reproductions.
Sarrebrûck. Galerie Monica Beck : peintures.
Paris. Préside dans l’hôtel du Grand Orient de France, les grands colloques sur “L’avenir de la Science”, “Quelle architecture et quel urbanisme pour
la société de l’an 2000 ?”,
“Quelle est la vraie place de l’homme dans la société moderne ?”.
Paris. Est fait chevalier de la légion d’honneur par le Président Pompidou.

1973
Hambourg. Galerie Mensch : peintures.
Visite différents pays d’Afrique : le Togo, le Cameroun, la Côte- d’Ivoire, le Gabon, le Bénin, le Sénégal.
Préside, aux côtés du Président Senghor, les cérémonies pour le 100ème anniversaire de la naissance de Blaise Diagne, fils d’esclaves, premier africain
élu député de la Chambre Française.
Turin. Pinacothèque Imperia : lithographies.
Paris. Bibliothèque nationale : estampes.

1974
Tokyo. Centre culturel français.
Paris. Streaming Art Gallery : “30 ans de peinture”.
Calais. Conférence au cercle culturel : “Le symbolisme à l’âge des cavernes”.
Abidjan. Centre culturel français : 100 peintures. Le Président Houphouet - Boigny achète ses tableaux : “Pacem in terris” et “les chasseurs”.

1975
Paris. Sortie aux Éditions Robert Laffont du livre de souvenirs et de témoignages” Trois points, c’est tout !”.
Passage à “Apostrophes” de Bernard Pivot.

1976
Paris. Sortie, au “Club des lecteurs” des Éditions Rombaldi, d’une nouvelle édition de luxe de son livre “Trois points, c’est tout !”.
Genève. Galerie internationale : peintures.

1977
Montfermeil. Galerie Jack Renaud : “Petits formats surréalistes”.
Bruxelles. Cercle du “Libre examen” de l’Université libre : “Ce que signifie les événements de mai 68 en France”.
Paris. Sortie du livre “Les problèmes de la révolution”, débat contradictoire avec Alain Krivine (Éditions balland).

1978
Livry-gargan. Castel Guy Mollet : peintures, gouaches, estampes.
Tokyo-Osaka. La télévision japonaise achète la peinture “Le champs de coquelicots”.
Paris. Palais des Congrès : grande rétrospective (150 peintures).
Est reproduit dans “L’argus de la gravure et de la lithographie” de Didier Roman (Éditions balland).
Est fait Commandeur du Mérite Civique.

1979
Charleroi. Palais des Beaux-Arts : rétrospective.

1980
Bordeaux. Galerie de France. Peintures.
Paris. Discours au colloque sur “L’art et la Franc-maçonnerie”, organisé par le Grand Orient de France : “Les artistes doivent-ils cultiver l’art pour l’art ?”. Achat par l’État du tableau “En bornant ses désirs, on limite ses besoins”.

1981
Mantes-La-Jolie. Invité d’honneur
avec Camille Hilaire au salon annuel : 26 peintures de 1948 à 1981.
Belfort. Musée des Beaux-Arts. Invité d’honneur, avec exposition de 4 peintures, à la grande rétrospective du mouvement surréaliste, aux côtés des œuvres de André Breton, Tanguy, Delvaux, Magritte, Max Ernst.
Mauléon. Grand Prix International d’Aquitaine.
Suresnes. Décoration de la Tour du Collège d’Enseignement Technique.
Paris. Article de René Huyghe dans Connaissance des Arts : “L’art
et l’angoisse de notre temps”,
avec reproduction de “Ecce homo”.

1982
Bourges. Préside le jury de peinture du “Mouciau”.
Besançon. Village Felli. Rétrospective : 80 peintures.
Paris. Galerie André Pacitti. Préface de Christine Alan : “Fred Zeller
et le symbolisme” : “La joie de vivre”, “D’où venons-nous, où allons-nous ?”, “Les assassins de la Pologne”, “Controverse sur les mannequins”, “le labyrinthe”, “Prolétaires de tous les pays, unissez-vous”, “Il y a toujours un homme perdu quelque part”, “Le monde n’est pas à l’échelle humaine”, “Nous sommes tous dans une cage”, “Menaces sur la ville”…

1983
Charleroi. Conférence aux “Amitiés françaises” : “L’artiste et l’engagement politique”.
Bondy. Maison de la culture: Rétrospective de 1943 à 1983.
Ostende. Rencontre avec Paul Delvaux chez lui à Idesbald.

1984
Mantes-La-Jolie. Centre Culturel : film rétrospective : 100 peintures, gouaches, dessins, gravures de 1944 à 1984.
Paris. Invité d’honneur de l’Association des Artistes et Amateurs d’Art au Centre International de Paris.

1985
Avignon. Galerie Ducastel.
Yvoire-Genève. Galerie J.C. Fert : exposition d’ensemble.

1987

Brest. Siège du Crédit Mutuel de Bretagne : rétrospective de 1945 à 1986.
Prix Alfred-Sisley décerné par la Société Nationale des Beaux-Arts.
Cognac. La Salamandre : 7ème Salon des Vendanges de Cognac : “Hommage à Fred Zeller”, rétrospective de 1946 à 1986.
Paris. Est fait officier de la légion d’honneur.

1988
Mérignac. Fondation Charles-Cante : “Hommage à Fred Zeller” rétrospective de 1946 à 1986.

1992
Ajaccio. Galerie Colonna d’Istria.

1993
Dinard. Galerie Daniel Besseiche.
Bourges. Hôtel de Bourbon. 100 tableaux.

1994
Paris. Galerie Lucie Weill-Seligmann : 100 tableaux.

1996
Deauville. Galerie Besseiche.

1998
Courchevel. Espace Diamant.

2000
Paris. Sortie de son dernier livre
chez Grasset “Témoin du siècle”.

2001
Paris. Sortie de son livre “Quand la peinture remplace la parole”,
aux éditions NDP - Paris.